53 rue Notre Dame des Champs

                      75006 Paris

       Du 24 AOUT AU 20 OCTOBRE 2018

        du mardi au samedi à 21 heures

La pièce

 

 

« De si tendres liens » raconte l’histoire de Charlotte et Jeanne, une mère et sa fille unique. Charlotte, divorcée, partage sa vie entre son travail, sa fille et sa vie de femme.

Pierre, son amant, va vivre avec elles quelques mois, avant l’arrivée de la guerre.

Jeanne se remémore les soirées passées seule chez elle, les vacances chez son père remarié…

Elle se souvient d’une grande solitude. Charlotte, elle, pense n’avoir vécu que pour sa fille et lui avoir sacrifié sa vie de jeune femme, alors que Jeanne lui reproche ses absences. Les exigences de l’une ne trouvent comme écho que l’incompréhension de l’autre.


Voyage en un seul acte au cœur de la mémoire de Jeanne : cette vie à deux où chacune a ses propres souvenirs qui ne sont pas toujours ceux de l’autre, tranches de vie qui se juxtaposent des années 30 aux années 70.

Les mêmes situations se reproduisent à l’inverse au fil des années : La fille, qui en demande toujours plus à sa mère lorsqu’elle est enfant, et la mère dans la vieillesse, dont l’univers mental s’est rétréci qui reproche à son tour à sa fille son absence.

 

 

 

« Les noms s'échangent, et le rire et les larmes, le temps passe et ne passe pas, les mots se répètent, les mêmes scènes se jouent mais inversées, les époques se confondent, les blessures ne cicatrisent pas, les griefs sont toujours disponibles et la tendresse et l'attente et l'exaspération, la mémoire est infinie mais ce n'est jamais tout à fait la même pour l'une et l'autre, chacune met ses pas dans les pas de l'autre, veut s'éloigner puis revient, elles portent le même manteau, c'est du pareil au même, et pourtant elles s'acharnent à ne pas se ressembler, l'enfant a peur du noir qui s'appelle la mort, la vieille dame a peur de la mort qui s'appelle le noir, il n'y a plus de frontières, les hommes apparaissent et s'en vont même quand ils restent, c'est qu'ils n'y comprennent pas grand-chose, à cette histoire qui n'a ni commencement ni fin, ils croient en être sortis ou n'y être jamais entrés, aussi la tiennent-ils à distance, ils préfèrent faire leur vie  ; elles, elles se font belles pour eux, charmantes, c'est vers eux que va l'amour, c'est là qu'il y a le plaisir.

Pourtant si la passion était ailleurs ? Si elle était dans cette chose sans nom, sans âge, dans ce lien qui ne peut se défaire et doit sans cesse se renouer parce qu'il est tissé de pertes ?
La pièce de Loleh Bellon est une merveille qui, avec mille riens, dit le tout de la vie. »

 

J-B PONTALIS

 

Note d’intention mise en scène

 

Voyage intérieur et immobile, duo d’amour et de tendresse partagés mais aussi de reproches et de regrets.

Les rapports si complexes mère-fille avec ce qu’il y a de fascination et de rejet.

 

Le temps, omniprésent, martèle ses évidences, distille sa cruauté. Les époques se confondent, se succèdent dans le désordre, comme la montée des souvenirs d’une vie. L’enfant avide de la présence et de l’amour de sa mère est remplacée par la mère affaiblie par l’âge et la maladie, reproduisant la même demande angoissée auprès de sa fille. 

Une peur de l’abandon réciproque, des lamentations qui émanent de Jeanne comme de Charlotte, chacune se plaignant que l’autre n’est pas assez proche.

Qu’est-ce que le souvenir ?  Pourquoi se souvient-on de cela et pas d’autre chose ? Pourquoi la même réalité est-elle vécue de façon tellement différente par chacune ? Pourquoi le ressenti de l’une est-il si divergent de celui de l’autre ?

 Le caractère sublime de cette relation sera mise en jeu par une interprétation ténue, drôle et sensible, le changement d’âge suggéré, jamais réaliste. L’espace ne change pas – peu d’objets. La lumière marquera le changement d’époque. Les tableaux s’enchaînent rapidement, nous voyageons dans les souvenirs de Jeanne, en aucun cas nous ne sommes dans le réalisme. Ce sont ses souvenirs, subjectifs, qui refont surface : « Je ne dis pas que c’est vrai, je dis que je m’en souviens », dit-elle à sa mère.

Formée à la technique du clown, ma direction d’acteurs s’appuie sur cette technique afin d’emmener les acteurs vers un espace de jeu où l’émotion et la sensation sont la matière première de la création. Toucher au sensible et au tragique de chacune d’entre elles. L’émotion peut surgir, elle est tout de suite utilisée comme une énergie qui peut se propulser ailleurs et le « pathos » se trouve mis en échec.

 

Laurence RENN PENEL

                                                                 

 

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